Mercredi 6 mai 2009

Cédric n’existe pas, je l’ai inventé en sirotant ma bière et en observant ce garçon qui accoudé au bar regardait dans ma direction, mais sans qu’à aucun moment je puisse être sûr de quoique ce soit, ses yeux étaient noyés dans l’ombre. Pour être exacte, les choses se sont passées tel que je l’ai raconté, jusqu’à ce que je remarque cet asiatique qui regardait le bout de ses pieds l’air désoeuvré. Ensuite j’ai fini ma bière et j’ai profité d’un moment d’inattention du garçon au sweat, pour quitter le bar. Je ne voulais pas qu’il puisse penser qu’il m’avait laissé indifférent, dans le cas où son intérêt eut été réel. Quand je suis passé devant lui il a levé les yeux, sans plus, comme il l’aurait fait pour n’importe qui. Enfin, c’est sur cette impression que je suis ressorti du bar.
Une fois dans la rue je n’avais plus envi de me rendre au Sun. Ce regard que je venais de croiser avait eut sur moi l’effet d’un réveil matin. Je me souvins soudain qu’il existait autre chose que l’odeur acre de ces backrooms : ces endroits baignés dans l’ombre où l’on guette l’arrivée d’un garçon de rêve, qui nous laissera s’agenouiller à ses pieds et nous fera l’honneur de nous offrir son sexe. Je venais de retrouver, par la magie du regard, probable ou deviné, de ce jeune mec accoudé au bar, des sentiments oubliés et surtout le goût du rêve. Le chemin, de ce bar jusqu’au Sun ne m’a jamais paru si long que ce soir là. Le regard du garçon au sweat était toujours planté dans mes yeux et l’image de son visage encore fraîche et pétillante. Déjà ce récit se tissait dans mon esprit. et une phrase me revenait sans cesse en tête : « Cédric s’étire sous le drap blanc. ». Je commencerai donc mon récit pas ces mots : « Cédric s’étire sous le drap blanc, j’ai à peine dormi. » et le lendemain matin après m’être arraché à regret de dessous ma couette, je me suis installé devant mon écran et j’ai taper ces mots qui m’avait trotter dans la tête toute la nuit.
L’après midi, j’ai été me balader au bois de Verrières, comme chaque dimanche et j’ai revu Christophe, le garçon aux cheveux longs, le peintre merdeux et j’ai écris le billet «  Christophe, un pas vers la réalité ? ». Ce type venait de réveiller ma rancœur et son mépris l’avait exacerbé. Cédric me semblait tout à coup bien loin. Quelques jours après, le ressentiment passé, j’ai repris l’histoire du garçon au sweat. Je voulais aller jusqu’au bout de ce récit mi rêve, mi réalité dont je connaissais déjà les mots de la fin : « Cédric n’existe pas, je l’ai inventé en sirotant ma bière… ». Je ressentais l’importance que cela avait pour moi d’aller jusqu’au bout de ce récit où je tournais une page.

Par Patinter - Publié dans : Carnet - Communauté : Homo sensualité ..
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Le garçon aux cheveux longs

 

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