J’ai passé mes examens (un scanner) puis mon entretien au centre avec le médecin (Bénédicte D.), une femme formidable.
Je n’ai rien. Le scanner ne montre rien d’anormal. Je vais bien, mais je m’interdis de me réjouir. Ce n’est qu’un soulagement pour moi. C’est un peu comme si je n’étais plus à
« découvert », c’est tout.
J’ai aussi expliqué au médecin ma situation personnelle, que « je ne suis pas un hétéro mais un homo ». Et que ce cathéter bien en vue était pour moi le meilleur moyen d’écarter tous les prétendants, tous les garçons qui pourraient avoir envie de faire ma connaissance et ainsi d’assurer définitivement mon célibat. Elle m’a dit qu’elle se « doutais » un peu pour moi et qu’elle me comprenait et qu’elle enverrait un courrier au chirurgien qui m’a posé cette canule pour qu’il me la retire.
Je ne vais pas mieux : je vais moins mal. Je ne suis pas malheureux simplement je ne suis plus malheureux. Je ne suis plus à découvert !
Je reviens sur mon week end où je voulais m’amuser avant ce rendez vous avec mes examens et j’en ai pris plein la gueule !
Au Tilt j’ai été avec un garçon. Jeune, plutôt mignon très bien monté ( et oui !), nous nous sommes regardé
croisé et très vite il est rentré dans la cabine où je l’attendais.
Ca c’est vite fini en queue de poison !
Il ne
voulait pas que je le suce, n’avait pas envi de me prendre (dommage avec une queue comme la sienne !).
En fin de compte, je pense qu’il voulait seulement jouir sur moi.
Ensuite en mettant fin à notre tête à tête il m’a dit :
« Tu ne m’en veux pas ?! »
Il a répété plusieurs fois sa question, navré de ne pas avoir été à la hauteur !
« C’est sûr ? Tu ne m’en veux pas ?! »
Et moi qui pour en finir avec le ridicule de cette situation et le regret de tout ce que nous aurions pu faire ensemble, lui répondait :
« Non ! Non ! C’est bon… »
Et si je lui avais dis :
« He … ben, si, je t’en veux ! »
Ça aurait changé quoi ?!
Et bien ce garçon si je l’avait croisé à l’IDM, je suis certain qu’il ne se serait rien passé entre nous et qu’il ne m’aurait même pas vu. C’est certain !
Dans ce type de sauna les mecs mettent la barre très haut, et semblent la plus part du temps ne voir personne et ne pas savoir pour quoi il sont là. Il tournent, tournent comme dans une farandole
surréaliste, par moment cela me fait penser à la chenille des soirées branchées beauf, si ce n’est la danse
des canards !
Et puis il y a trop de lumière, ce qui ne facilite pas les rapprochements, surtout lorsque l’on porte comme moi un cathéter !
J’ai vu plusieurs fois des regards se posé au dessus de ma clavicule, sur ma verrue. C’est bien en vu cette petite chose !
Ce qui me fait rager et me rends malheureux c’est de me dire que dans le lot, il y a des garçons qui semble être là pour chercher l’âme sœur, ça ce
sent et beaucoup de ces garçons me plaisent et parfois un d’eux accroche son regard au mien, à ma plus grande surprise, mais pas assez longtemps pour que j’y crois, pour que de cet instant naisse
l’improbable désir. Alors le regard se détourne et cet instant d’hésitation s’efface. La petite flamme est déjà éteinte.
L’IDM n’est pas l’endroit magique, la solution. Au Tilt on s’y ennui à L’IDM on souffre !
Je suis donc ressorti de ce grand sauna Parisien le moral au fond des chaussettes.
J’y ai rencontré des garçons croisé au bois de verrière ou au King ou ailleurs (des fois, je ne me souviens plus). J’étais surpris et ne pouvais m’empêcher d’attarder mon regard sur eux, surprit
par cette rencontre. Eux, bien qu’ils m’avaient tout autant reconnu ne manifestaient aucune réaction, pas le moindre frissonnement : comme dans
un rêve où, les gens qui nous entour ne nous voient pas ou ne nous reconnaissent pas !
Rien, rien, rien.
Certains dirons que je « découvre le milieu gay. ». C’est vrai. A chaque fois que cette réalité déchire le voile de mon rêve et brise mes espoirs.
Ce milieu est si peu naturel, tellement superficiel et misérable que ni le cœur ni l’esprit ne peuvent se résoudre à une réalité aussi misérable et désespérante. C’est tellement contre nature,
que je n’arrive à m’y faire, c’est tout.
(Paradoxalement au Tilt comme au King d’ailleurs (c'est-à-dire dans les petits saunas), les comportements
sont différents et les garçons -même ceux qui ne s’intéressent pas à vous- n’ont pas ces comportements bêcheur, parfois méprisant, très souvent
indifférent au monde qui les entoure.
Une fois de plus il se confirme que les lieux à taille humaine sont plus conviviaux, facilitent les contacte et rapprochent les individus.
Mais moi ne suis-je pas finalement comme eux ? Certains ne pensent ils pas (après m’avoir croisé) la même chose de moi.
On est toujours le con d’un autre, le vieux d’un autre, le beau puis le moche, l’aimé, l’aimant.
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